jeudi 28 juin 2007

Marilyn Manson "The Golden Age of Grotesque"


Je vais vous parler de son 6e album (le premier que j'aie écouté). J'ai découvert ce personnage grâce à mes rares élèves marseillais fans de métal (les autres, c'était plutôt rap...). Au début j'ai détesté son look et l'imagerie en général, mais j'ai aimé la musique, la force qui s'en dégageait. Alors j'ai écouté les autres albums, et à présent je les ai tous, et je l'écoute souvent. J'ai visité tous les sites qui parlent de sa carrière, lu son autobiographie, quelques bouquins pour retracer son parcours, et acheté le song book "Lest we forget". J'ai lu et traduit tous les lyrics, et pisté les partitions. Ben c'est très intéressant finalement. Comme quoi y'a qu'les imbéciles qui changent pas d'avis.

MARYLIN MANSON : une personnalité hors du commun.
L’univers du chanteur
Son vrai nom est Brian Warner. Le choix de ce nom de scène affirme une volonté de se créer une seconde identité. Celle qui permet toutes les excentricités et les débordements dans ses concerts, car il est de nature plutôt réservée et intériorisée. Cela évoque aussi les deux faces de l’Amérique : la star Holywoodienne, toute de fragilité et de glamour, et le tueur en série, érigé au rang de star par les media et la presse à sensation.
La métamorphose physique créée par le maquillage, les costumes, les coupes de cheveux autorisent toutes les transgressions et les extravagances de ses prestations scéniques. L’idée originale est que même dans la laideur il y a une beauté que l’on peut trouver (et quand on voit les couvertures des magazines people ou féminins, cette opinion n'est pas idiote).
La scène est pour lui un exutoire, une sorte de confessionnal où il expurge toutes ses colères et ses frustrations. Il brûle des Bibles ou la bannière étoilée, mime des actes sexuels, se scarifie ou crache sur la foule. Ce masque lui permet une affirmation de soi, même si elle est chaotique. Il le fait apparaître comme une marionnette aux yeux cerclés de noir, qui lui paraît plus authentique que lui-même.

Il change d’apparence à chaque album (comme avant lui, Bowie, Lou Reed ou Iggy Pop), incarne d’autres personnages sans y perdre son identité propre. D'ailleurs il conçoit ses costumes lui-même.
Comme d’autres, il s'est trouvé rapidement prisonnier derrière ce masque et le personnage fantasque qu’il s’est construit.
Aucune différence n’est faite par le public entre le « personnage » provocant et Brian Warner, un gars cultivé dont les références sont Nietzsche, Fellini, Max Ernst, André Breton ou Oscar Wilde.
Il ne correspond pas aux normes imposées par les Media et la société, il a une démarche totalement à l’opposé. Il représente aujourd’hui un véritable danger social pour une Amérique qui déteste le doute et la mise en cause. Malgré tout, comme souvent, cette marginalisation a fini cependant par s’imposer comme une norme commerciale. Il est devenu malgré lui une icône médiatique qui dicte les modes à de nombreux fans adolescents qui le singent.
MM est cependant connu pour ses prises de positions intelligentes, pour sa culture, qui sont aux antipodes de l’image qu’il renvoie sur scène. Philosophie, mysticisme, et réflexions esthétiques ressortent de ses influences.
A propos de Nietzsche : « J’ai cautionné l’idée que l’intelligence est le seul critère valable pour désigner des leaders et des décisionnaires. Personne ne choisit son sexe ou sa race mais n’importe qui peut exceller et enrichir son esprit en se cultivant et en étudiant ».
Il a fait petit à petit évoluer son univers pour créer une sorte de Rock Indus Baroque, fait aussi de dérision et complètement assumé. Tour à tour grotesque, provocant, sombre voire morbide, il gêne, agace et dérange l’Amérique bien pensante et puritaine.
C’est aussi un artiste complet (à l’instar de Bowie, il est peintre, poète, auteur, acteur et cinéaste).
Chacun de ses albums est un album-concept, aux univers différents mais formant un tout homogène (quand ce n’est pas un cycle). Les influences musicales sont plus variées qu’il n’y paraît : Pop, Punk, Ska, Electro, etc…)

Les thématiques:
La religion : Dans son autobiographie, Manson raconte qu' élevé dans une école ultra religieuse, il a développé une forte aversion pour la religion, surtout le Christianisme jugé hypocrite et violent. Il accepte d’ailleurs d’être Grand Prêtre de l’Eglise de satan (à titre honorifique), mouvement fondé par Anton Lavey , mais plus par goût pour un mode de pensée alternatif. Sympathisant mais pas pratiquant, donc.
Toutes ces rumeurs affirmant qu’il torture ou mange des animaux sur scène, entre autres atrocités, ont été véhiculées par des associations « familiales » proches des conservateurs évangélistes républicains américains, dont les manifestations violentes aux abords des salles de concert sont bien plus angoissantes que ce qui se passe sur scène (on en a un aperçu dans les DVD).
« Quand j’étais enfant, j’étais terrifié par l’idée de l’Apocalypse, et de l’Antéchrist qui détruiraient le monde. Les peurs qu’impose le Christianisme ont créé Marilyn Manson. Je ne veux pas la destruction du monde ou de l’Amérique, je pense plus à une Apocalypse de l’esprit, à détruire les vieilles églises, repartir à zéro d’un point de vue moral, se construire sa propre éthique est beaucoup plus terrifiant que la fin du monde pour le commun des mortels » (Rage, 1996)
« Mon interprétation du satanisme est une théorie de l’évolution, la survie des plus forts, la préservation de soi, l’affirmation de son individualité et de ce que en quoi tu crois. Dieu et Satan n’ont pas grand-chose à voir avec cette philosophie, je parlerais plutôt d’humanisme. Le satanisme n’est pas selon moi une religion, c’est une philosophie, une opinion. »
et encore cette phrase à propos se son éducation religieuse :« J’ai décidé de devenir ce dont j’avais peur ».
Le sexe : La relation au sexe est influencée par sa jeunesse. Il surprend son grand-père à l’âge de douze ans, dans des pratiques peu communes, ce qui le marque profondément.
La drogue : Il a à peu près tout essayé (c’est un peu les pratiques du Rock, en même temps) jusqu’à une overdose qui le ramène à ses désirs d’indépendance à leur égard.
La stupidité de l’être humain
Le gouvernement américain : la vente libre d’armes à feu, la guerre en Irak, l’hypocrisie.
Il s’implique dans divers projets artistiques, peinture, cinéma, écriture (il a exposé ses toiles à Paris et Berlin).

Les différentes ères :
De 1989 à 1995 : MM a été très influencé au début de sa carrière par une visite de Disneyland sous acides. Cette « ère » artistique subira une force influence du clownesque accompagné de couleurs vives.

En 1996-1997 : Suite à « Antichrist Superstar » il est intégré dans la grande famille du Métal Industriel. Cela se traduit par une mise en scène minutieuse, avec drapeau américain, podium, et échasses (« Kinderfeld »), assorti d’effets de lumières ou de neige. Il y incarne l’Antéchrist.
Sa carrière commence par une volonté de démarcation avec le mouvement Grunge, qu’il déteste, car il est anti-star. Il décide d’être le seul, l’unique, le surhomme, le Satan des Etats-Unis.

En 1998-1999 : « Mechanical Animals » est presque un hommage (ou une continuation) à Bowie, dans la période « Glam-Rock ». Couleurs, paillettes, strass, look androgyne, maquillage, show hollywoodien, néons lumineux. Il y incarne Omega, un extra-terrestre androgyne, pop star décadente qui est une allusion à Ziggy Stardust, le personnage de Bowie dans « Ziggy Stardust and the Spiders from Mars ».
De 2000 à 2002 : « Holywood » fait suite à la tuerie de Colombine et fait de MM l’ennemi public n°1. On le harcèle chez lui, on le menace de mort, on manifeste devant les salles de spectacle et l'on fait annuler ses concerts, on répand les rumeurs les plus êffrayantes. La réponse sera à l’image de la période. Un album sombre, teinté d’antiaméricanisme et de références médiévales.
Durant les concerts, on voit le drapeau américain brûler en arrière-plan (« Burning Flag »).
C’est aussi l’évocation de la guerre (un pied de micro en forme de fusil, un podium sur lequel est représenté un crucifix fait de 2 revolvers et d’un fusil, MM porte un képi).

Les influences médiévales se font sentir sur « Disposable teens », et «The Nobodies ».
La religion est toujours présente « The Love song », « Valentine’s Day », MM y apparaît en costume papal. Il incarne un homme d’église nommé Mercury (qui contient une sorte de trilogie inversée).

9 commentaires:

raymonde a dit…

Je dois dire que je suis pas mal à terre ! J'avais de l'aversion aussi pour l'image mais le bonhomme derrière : quelle culture ! Comme quoi faut pas se fier aux apparences.

Tu as travaillé fort, traduction et tout et tout ! Continuons notre éducation.

Merci et bisous

madamemusique a dit…

hi hi ray! j'en suis qu'à la moitié! les paroles, la traduction et la partition de chaque titre au prochain "mickey"...c'est drôlement intéressant de faire ce boulot! bisous.

yepa a dit…

coucou , je te retrouve la , pour manson , je dois te dire que j'admire depuis longtemps , je partage beaucoup de ses engagements et idées , un remarquable personnage . je sait que sa manière de paraître peut en choquer qqs uns mais j'y ai toujours vu une grande intelligence . merci pour ce post super bien fait . tres doux dimanche . bisous , yepa .

madame musique a dit…

Yepa,et ray, mes deux fidèles...j'suis contente de partager çà avec vous, en dessous vous trouverez l'album et son concept, et ensuite je posterai les chansons et clips détaillés. j'attends vos réactions vec impatience!...bisous bisous

yepa a dit…

braillent et dansent loll super ton image . douce soiree , bisous . yepa

madamemusique a dit…

coucou yepa. je suis fourbue. déjà 3 chansons de rentrées, il m'a fallu 4 heures. 'tin, c'est usant d'être perfectionniste ;-) mais je ne suis pas mécontente du résultat...bisous, à +

melle Bille a dit…

je ne suis pas très fan, ni de la musique, ni du personnage; mais tu apportes là des éclaircissements et un point du vue nouveaux. Je ne suis pas certaine d'être convaincue, mais ton analyse, elle, est particulièrement convaincante. Si qui que ce soit avait le moindre doute sur tes talents, le voilà balayé. (paris du 29 au 4)

madame musique a dit…

hi my bille! l'article le plus intéressant est celui sur cet album (de B. Nouveau, post suivant). ce qui m'intéresse, c'est la démarche. comment on utilise des symboles qui brûlent les doigts dans ces musiques métal qui sont finalement très variées. j' m'instruis.
Etre fan, ce n'est pas le problème pour moi, je veux juste relier çà à mon effort pour me cultiver. Ainsi, je relis Brecht en ce moment (je n'y aurais pas pensé sinon). et du coup, Hegel ("esthétique") A travers l'analyse des arts les plus divers je cherche un point central, une thématique. peut-être ne le trouverai-je jamais.
mais finalement Manson m'est devenu plus sympathique, alors qu'il me semblait épouvantable, donc tout peut arriver. Et quand il veut bien chanter vraiment, le timbre de la voix est intéressant.
cependant il cède souvent à la facilité, et là c'est le prof qui parle ;-) un bon musicien, c'est aussi un musicien bien entouré.
bisous, à plus, je te maile.

Cineasie a dit…

salut je viens de lire attentivement cette partie sur manson. j'ai quelque chose d'important a te proposé contacte moi via méméssaine (msn) a cette adresse

mechanical.christ@live.fr j'espere que tu vera bien mon messege !!!