dimanche 1 juin 2008

Orang Outans, une espèce en danger d'extinction

Hier, j'ai adopté Kesi. Je suis passée par le site
http://www.savetheorangutan.org.uk/
Cette fondation essaie de récupérer les orang-outans qui ont été blessés dans la forêt, leurs parents tués, ou de les extirper des mains de familles qui les détiennent illégalement, voire les maltraitent.
Un vétérinaire, des babysitters (des femmes indigènes de Bornéo) prennent soin d'eux, et surveillent leur progression dans la forêt du sanctuaire.
Pour 10 dollars par mois, environ 6 euros, on peut adopter un de ces orphelins et veiller à ce qu'il ne manque de rien grâce à cette fondation. J'ai donc fait des recherches sur le sujet et je vous ai mis deux videos pour montrer la fondation (un peu plus bas).
Limité à des aires précaires à Sumatra (Pongo p. abelii ) et Bornéo, en Indonésie et Malaisie, ce grand singe forestier ( 50 kg, parfois 90 kg ) descend rarement au sol, ce que certains chercheurs ont interprété comme une adaptation à d'anciennes interférences avec les hommes. Il y avait en 1993 entre 12 300 et 20 600 individus à Bornéo, et 9200 à Sumatra. En 1998 il en reste entre 18 et 20 500 à l'état sauvage dans le monde( AZA).
L'Orang-outan a toujours été exploité. Les hommes préhistoriques le chassaient pour sa chair, jusqu'à l'extinction localement, et à Bornéo il servait de substitut pour les chasseurs de têtes. Autrefois il sillonnait les plaines boisées du Nord jusqu’en Chine.
Dans les années 1960, les effectifs ont été décimés par les demandes de jeunes animaux pour les cirques et les zoos (la capture d'un jeune exige que l'on tue sa mère, et beaucoup meurent pendant le voyage). Malgré la protection de l'espèce, les jeunes continuent d'être capturés localement. Aujourd'hui, la principale menace est la destruction de l'habitat, notamment pour l'agriculture et les activités minières.
L'espèce suscite beaucoup d'intérêt de la part du public et des conservationnistes. Sa sauvegarde passe par la protection des habitats et la gestion des réserves. Un projet de déplacement d'Orangs-outans dans des zones protégées est en cours. D'autre part, les jeunes confisqués à des braconniers vont dans des centres de réhabilitation en vue d'être relâchés. Comme les jeunes apprennent tout de leur mère jusqu'à 6 ans, ils mourraient s'ils étaient simplement relâchés dans la forêt. Il faut donc patiemment jouer le rôle de la mère et leur apprendre la vie dans la forêt. Ces programmes sont importants au plan éducatif, et aussi parce que les Orangs-outans recueillis sont habitués aux hommes et attirent les touristes, sources de devises.
La population d'Orang-outans à été très affectée par les feux en Indonésie en 1997. Etant privé d'habitat, des dizaines de grands singes ont été abattus lorsqu'ils essayaient de se nourrir dans les plantations. Là encore les centres de réhabilitation sur l'Ile de Bornéo recevaient de nombreux bébés orangs-outans devenus orphelins.
Du point de vue de la conservation, les orangs-outangs sont extrêmement vulnérables du fait de leur taux très bas de reproduction. Les femelles ne mettent bas que dès l’âge de 12 ans et attendent entre quatre et six ans avant d’avoir un autre petit. La viabilité des populations d’orangs-outans a fait l’objet de modèles théoriques qui ont démontré qu’une très légère augmentation de la mortalité -par exemple 1 % de plus que la mortalité naturelle, qui est de 1,5 % - suffirait à faire disparaître l’espèce en 30 ans . La même analyse a indiqué que les femelles adultes sont plus fragiles. L’orang-outan est considéré comme vulnérable mais certaines de ces populations sont au bord de l’extinction. (infos recueillies sur:

http://membres.lycos.fr/sosinges/menace1.htm
Sur cette vidéo l'on aperçoit Kesi, reconnaissable car elle a eu une main quasi tranchée.


Là aussi


A propos de l'huile de palme (ça va être dur de trier pour ne pas en consommer, mais la colère me porte, tout comme les expérimentations animales en général, et la liste est longue).
Actuellement, l’huile de Palme est la deuxième huile la plus consommée dans le monde : elle est utilisée comme huile de cuisine ainsi que dans l’élaboration de produits tels que le pain, les gâteaux, les sucreries, la crème glacée, les soupes instantanées, les sauces, les plats congelés et déshydratés, le lait en poudre, la margarine, etc. Par ailleurs, l’utilisation de l’huile de Palme dans les produits non comestibles est également très variée. Elle sert de matière première dans la confection de savons et détergents, dans l’élaboration de graisses lubrifiantes pour les pièces de machinerie lourde, ou destinées à la production de peintures et vernis. On utilise aussi l’huile de Palme dans la fabrication de produits cosmétiques et pharmaceutiques, ainsi que dans la fabrication de détergents biodégradables. Enfin la palme est une ressource de haut potentiel pour la production animale en milieu tropical. Depuis 7 ans, on a développé des systèmes d’alimentation animale basés sur la Palme africaine, qui utilise les produits résiduels suite à l’extraction de l’huile, ainsi que l’huile crue et le fruit entier. On est ainsi arrivé a substituer complètement le régime alimentaire de porcs à base de céréales, par un régime à base des produits de la Palme.
Enfin, les plantations de Palme africaine ont un effet dévastateur sur l’environnement. Les sols où l'on a planté de la Palme africaine deviennent par la suite totalement infertiles pour plusieurs années, puisque celle-ci vide la terre de tous ces matériaux riches en détruisant l’humus du sol. Le département du Choco en Colombie est composé de forêt tropicale humide et c’est l’endroit où l’on retrouve la plus grande concentration de biodiversité au mètre carré dans le monde, encore plus que dans la forêts amazonienne. Pourtant l’état colombien en complicité avec des compagnies multinationales meurtrières n’hésite pas à massacrer des milliers d’hectares de cette forêt pour y implanter son projet agro-industriel de Palme africaine, en plus de massacrer, terroriser et déplacer les populations qui y vivent.
Ainsi, le projet agro-industriel de la Palme africaine, qui sera destiné à l’insertion des paramilitaires démobilisés, se dit également la proposition nationale d’intégration entre les responsables des crimes et leurs victimes. Ce modèle de réconciliation forcée fait planer l’hypothèse d’une stratégie de contrôle social et de vente forcée de terres. Il semble qu’au nom du Profit on soit prêt à oublier la nécessité de Justice, et qu’en plus de faire la promotion de la loi du pardon et de l’oubli, on fasse la promotion d’un développement économique taché de sang et de misère. (infos recueillies sur oulala.net)


A propos de la situation en Indonésie
– Indonésie : de la forêt à la palmeraie
Entre 1990 et 2002, la superficie mondiale plantée de palmier à huile a augmenté de 43%. Cette croissance a eu lieu surtout en Indonésie et en Malaisie. En Indonésie, entre 1990 et 2000 la zone plantée de palmier à huile a presque triplé, passant de 1,1 à 3 millions d’hectares. En 2002, à l’issue de la crise financière de 1997 - 1999, les plantations adultes de palmier à huile atteignaient les 3,5 millions d’`hectares. Au rythme de plantation actuel, la superficie totale de ces plantations sera en Indonésie de 11,2 millions d’hectares en 2020.
La superficie totale réservée au palmier à huile ne représente pas un plafond mais une étape de l’expansion prévue (au début des années 1990, une cible de 5,5 millions d’hectares avait été définie, mais remplacée par la suite par une autre de 9,13 millions). Il est très probable que le gouvernement indonésien, que ce soit au niveau national ou local, va céder à l’intérêt dominant du secteur privé de s’engager dans le commerce du palmier, et à celui des ambitieux gouvernements locaux qui bénéficient depuis 2001 des politiques de décentralisation et d’un grand pouvoir de décision sur l’usage de la terre.
L’habitat apte au palmier à huile est, dans beaucoup de régions, celui de la forêt tropicale sempervirente des plaines. D’après les dernières évaluations des forêts permanentes, non publiées officiellement, la superficie forestière susceptible de conversion est passée de 8 millions d’hectares en 2000 à 14 millions en 2002. L’Institut indonésien de recherche sur l’huile de palmier (IOPRI) estime que 3% des plantations de palmier à huile ont été établies dans la forêt primaire et 63% dans la forêt secondaire et les fourrés. Donc, suivant les données de l’industrie, 66% des plantations productives actuelles de palmier à huile ont impliqué le changement d’affectation des forêts.
Pourtant, le rythme véritable de plantation en Indonésie est loin de correspondre à celui des concessions faites par le gouvernement. Sur les 7,2 millions d’hectares alloués durant les années 1990, seuls 530 000 ha (7,5%) ont été effectivement plantés en 2002. Ceci est dû en partie à la crise monétaire de 1997 - 2002, pendant laquelle très peu d’entreprises pouvaient se permettre d’obtenir des crédits pour lancer leurs programmes de plantation. D’autre part, beaucoup d’entreprises censément huilières s’intéressent aux arbres à bois plutôt qu’à leurs projets de plantation. Entre 70 et 80% des nouveaux projets de palmier à huile sont situés dans des forêts possédant un stock considérable d’arbres, dont la vente représente un avantage de départ pour les entreprises. Après avoir pris le bois, beaucoup d’entre elles abandonnent tout à fait le projet initial. Ainsi, environ 800 000 ha de forêts défrichées pour l’installation de plantations de palmiers ont été abandonnés dans la province de Jambi. De même, dans le district de Landak au Kalimantan oriental, 300 000 hectares ont été abandonnés.
Des observations sur le terrain ont indiqué que beaucoup de plantations indonésiennes de palmier à huile ont été établies dans des régions qui, de toute évidence, étaient boisées jusqu’au moment de leur changement d’affectation.
À Sembuluh, au Kalimantan central, l’entreprise Kerry Sawit Indonesia (subsidiaire de la société Perlis Palm Oils Berhad, basée à Sabah) va commencer maintenant ses opérations et planter 17 200 hectares de terre. À l’intérieur de cette étendue il y a encore 7 500 ha de forêt et de jardins forestiers que les membres de la population locale veulent désespérément voir protégés contre cette conversion. La zone boisée est une des dernières de la région du lac Sembuluh, et elle est complètement entourée de propriétés produisant des palmiers.
À Muara Wahau, au Kalimantan oriental, une entreprise subsidiaire de SMART (Sinar Mas) a transformé quelque 2 500 ha de forêt primaire en plantations de palmier à huile. La forêt de la plaine dans la région concernée était l’habitat de l’orang-outan, une espèce menacée qui est protégée en Indonésie.
À Riau, Sumatra, une subsidiaire du groupe Indonesian Indofood Suksus Makmur (Gunung Mas Raya) est en train de défricher la forêt de tourbière, y compris une partie qui serait au-delà des limites de la concession. Si tel était le cas, il y aurait là une contravention de la politique d’un des principaux investisseurs, l’ING des Pays-Bas, qui s’oppose à financer la conversion illégale de forêts.
L’analyse des cartes satellitaires dressées par les ONG indonésiennes Sawit Watch et Amis de la Terre Indonésie (Walhi) montre que les plantations de palmier à huile sont passées de 3 000 hectares en 1994 à 94 000 ha en 2000 autour du Parc national du lac Sentarum, au Kalimantan oriental. Dans la même période, la superficie boisée totale est passée de 528 300 à 323 000 ha.
Autour du mont Meratus, au Kalimantan du Sud, 43 000 ha de forêt ont été transformés en plantations depuis 1994 ; la superficie totale plantée est ainsi passée de 86 000 ha à 129 000 ha, tandis que les forêts entourant le mont Meratus diminuaient de 1 337 000 à 987 000 ha.
Les cartes et les témoignages laissent fortement supposer que des plantations de palmier à huile ont été développées aussi dans plusieurs zones tampon (destinées à un usage de faible intensité) à l’intérieur d’autres parcs nationaux, dont ceux de Tanjung Puting, Bukit Tiga Puluh et Gunung Leuser.
Les plantations de palmier à huile ont provoqué non seulement une déforestation galopante mais la mort de douzaines de personnes qui ont été tuées dans des conflits sur la propriété foncière et le travail ; en outre, des centaines de morts peuvent être attribuées aux impacts de l’expansion du palmier à huile sur l’environnement.
Cette expansion détruit les écosystèmes, la faune et la flore dans une des régions les plus riches en biodiversité du monde. Elle détruit également le mode de vie des peuples autochtones, leur autodétermination et leur culture.
Le travail dans les plantations est en général mal payé, fortement dépendant de l’employeur dans tous les domaines de la vie et constamment exposé au danger et à des conditions mauvaises pour la santé. Les inégalités entre les différents types de travail (journalier ou permanent, hommes ou femmes) sont partout rapportées. L’utilisation de pesticides constitue une véritable menace pour la santé des travailleurs (qui sont surtout des femmes) dans toute la région. Les plantations appartiennent au secteur économique du pays le plus soumis aux conflits. La plupart de ces conflits découlent des problèmes fonciers et de la faible protection légale dont jouissent les communautés locales.
En somme, les plantations de palmier à huile ont en Indonésie un coût écologique et social extrêmement élevé. Ce coût, souvent difficile à traduire en devises fortes, inclut la destruction de la forêt tropicale, la perte de biodiversité, les pratiques illégales, les conflits sur la propriété de la terre, la violation des droits humains et le travail, le traitement injuste des petits propriétaires, l’écroulement des pratiques culturelles autochtones et l’exposition des économies locales vulnérables aux caprices du marché mondial.
Extrait de : «Greasy Palms. The social and ecological impacts of large-scale oil palm plantation development in Southeast Asia», mars 2004, Eric Wakker, AIDEnvironment, en collaboration avec Sawit Watch Indonesia et Joanna de Rozario, pour FoE (friends of the earth)

(infos recueillies sur le site World Rainforest Mouvement http://www.wrm.org.uy/

Voilà. A présent je voudrais adopter un loup avec WildlifeDefenders. Ils ont un programme du même genre pour les louveteaux dont les parents lors de la chasse en avion. Pfff...On y arrivera jamais :(
Ce mois-ci, j'ai fait un don pour la Birmanie, pour l'installation de l'électricité dans une école aux Philippines (au fait, on peut "adopter" une famille là aussi) et pour wwf (par le biais d'un concert qui a lieu le 19 juin à la salle Gaveau à Paris). Je compte bien poursuivre ces actions, car signer des pétitions et alerter les gens, c'est bien, mais je sais pas, ça ne me suffit plus. Je vais aussi rencontrer les membres de SurvivalInternational demain, une projection sur les tribus indiennes d'Amazonie a lieu le premier lundi de chaque mois à la filmothèque du quartier Latin, et j'ai décidé de leur proposer de distribuer leurs brochures, éventuellement de proposer une intervention de l'association au collège l'an prochain. Bref, je me bouge!!!

mercredi 2 avril 2008

Chant et musique religieuse du Tibet

Le Tibet constitue l’une des cinq régions autonomes de la république populaire de Chine. Il s’agit d’un ensemble de hautes chaînes montagneuses dont l’altitude ne descend jamais sous les trois mille mètres, ce qui rend les conditions de vie plutôt difficiles.
La religion autochtone primitive du Tibet est généralement appelée Bon. Dans son état ancien, elle s’apparente à une sorte de chamanisme (religion asiatique fondée sur les relations avec des esprits surnaturels.
Le Bouddhisme « tibétain » (ou Lamaïsme) a été introduit dans le pays au VIIe siècle ap. JC par un moine indien, Padma Sambhava, appelé « grand Guru », c’est-à-dire « Maître Spirituel » (Lama, le dalaï-Lama étant le chef du bouddhisme tibétain). Cette religion s’appuie sur un ensemble de doctrines ayant pour support les écritures sacrées réunies dans les tantras (livres), les pratiques religieuses font appel à des techniques psychophysiologiques (méditation – Yoga) où les exercices respiratoires font l’objet d’une grande attention.
A la tête du monastère où les moines vivent en communauté, se trouve le Tulku, un moine réincarné qui doit aider ses semblables. Avant sa mort, le Tulku donne des informations qui aideront les moines à rechercher et à trouver l’enfant dans le corps duquel sa réincarnation s’effectuera.
Le tibétain n’est pas une langue indo-européenne. C’est une langue à tons, contrairement au Sanskrit et à l’Hindi. Elle comporte donc beaucoup moins de consonnes que ces deux langues et certaines lettres sont chargées de transcrire les tons de la langue parlée.


Les Lamas disent : « La religion est le son ». La récitation des mantras, le chant et l’exécution de musique instrumentale jouent un rôle fondamental dans leur culte. Pendant de nombreuses heures, jour après jour, année après année, les moines, en habit rouge, entonnent leurs prières, accroupis par terre, à la douce lumière des lampes à beurre. Leurs cérémonies comprennent les services de la liturgie régulière et différents extra liturgiques.
La musique religieuse se classe en deux catégories :
-La musique cérémonielle : celle des monastères ou celle de chaque demeure.
-La musique des drames religieux accompagnée de danses.

Dans les monastères, la vie musicale est assez intense. On utilise la musique pendant les cérémonies religieuses, pour convoquer les moines à l’office, pour faire une offrande, pour invoquer la protection des divinités, pendant les processions, pour accompagner les danses rituelles, etc…
Les rites ne peuvent être accomplis que par les moines. Dans la salle de prières, ils sont assis dans la posture de la méditation, sur des bancs placés en rangs parallèles. Toues les moines présents participent à la récitation et au chant. Certains, plus spécialisés, jouent du hautbois, de la trompe longue ou des cymbales.
Le chef du rituel est nommé par l’abbé du monastère compte tenu de son excellente mémoire des prières et de sa parfaite connaissance du rituel. Ce dernier est constitué en général d’une alternance de récitation, de chant et de musique instrumentale. La musique est due en général à un Lama de grande réputation spirituelle : son ébauche est ensuite élaborée par d’autres Lamas spécialistes. C’est donc le fait d’un travail collectif dans le temps.
Chez les moines du Tibet, le chant représente une fonction fondamentale de leur mission : ils ne chantent pas pour eux, ou pour un auditoire, mais pour les dieux. Leur langage musical est céleste et divin
LA RECITATION : Les prières peuvent être récitées de plusieurs façons en variant le tempo et l’intensité. Une même allure rythmique est suivie par tous les religieux.
LES CHANTS : ils sont parfois de forme libre, mais plus souvent versifiée, symétrique ou asymétrique.
Trois styles sont pratiqués :
-Style Ta : d’allure assez rapide, les paroles sont nettement prononcées. La gamme utilisée est pentatonique, anhémitonique. L’interprétation est parsemée d’interruptions glottales.
-Le style Gur : d’allure lente, utilisé dans les grandes assemblées de moines et pendant certaines processions.
-Le style Yang : d’allure très lente, l’émission vocale est gutturale et profonde. Le son est continu, ininterrompu. Le nombre de notes utilisées est très restreint. Tous les moines chantent à l’unisson. Ce style sert à communiquer avec les dieux.

Buddhist Chant - Shingon



Le chant Lamaïque est caractérisé par la profondeur extra-naturelle de la voix : voix d’outre-tombe qui relève d’une stricte discipline mentale. Le son semble « vomi », extirpé du bas du ventre. Il y a une certaine analogie entre ces sons vocaux et ceux des grandes trompes. Ce style est délibérément cultivé. Le chant varie entre un ton monotone altéré et un motif mélodique (maintes fois répété avec des variations) basé sur un mode défini variant entre trois et sept notes ou en descendant à partir d’une note. Il existe une notation traditionnelle pour le chant.
On chante en solo ou en chœur à l’unisson. Certains chanteurs se livrent à des variations improvisées – ceci aboutit parfois à une véritable « cacophonie ». Le chant se présente parfois a capella, mais le plus souvent accompagné d’un ensemble qui équivaut à un orchestre (passim). Il est composé d’instruments à vent placés par paires (trompes, hautbois, conques) et à percussion à ton indéterminé (tambour, tambour à boules fouettantes, cymbales).


Buddhist Monks Of Tibet - Sand Chant For World Peace



Les chants sont appris par imitation auditive et parfois visuelle : position du cou, de la bouche, etc. Le résultat est le fruit d’une longue ascèse qui exploite d’une façon peu courante les possibilités de la physiologie humaine. L’apprentissage commence vers l’âge de 5/6 ans, âge où l’enfant est confié au monastère par ses parents. L’une des techniques utilisées pour acquérir une voix très grave consiste à faire ingurgiter une grande quantité d’eau pour provoquer une série de vomissements, qui altèrent ainsi les cordes vocales.
On sélectionne très tôt (dès 12/13 ans) les futurs moines chargés de chanter les prières. Ils subissent un entraînement intensif pour « casser les cordes vocales ». L’étude de l’émission vocale se confond avec la recherche de l’identification au divin.


tashilhunpo monastery in shigatse, central tibet

Les jeunes novices qui vont pratiquer le Hautbois s’entraînent à la technique de la respiration circulaire en soufflant avec une paille dans un récipient rempli d’eau. Leur respiration est jugée correcte lorsque les bulles s’échappent de façon continue.


On peut aussi parler du chant diphonique (ou diplophonique), cette technique vocale exceptionnelle qui imite l’effet de la guimbarde en produisant simultanément un son grave continu faisant office de bourdon et un son aigu générant une mélodie harmonique.
Au Tibet, les moines des monastères Gyütö et Gyüme utilisent une technique de chant harmonique moins recherchée que le chant guttural toutefois.
Ce chant se pratique surtout en Mongolie, Touva, Bouriatie, République de l’Altaï, et Afrique du Sud (chez les Xhosa).


Gyütö monks



Les instruments de musique
L’usage des hautbois semble due à l’influence islamique. Il semblerait que la musique tibétaine ait bénéficié de nombreux apports d’Iran, de Grèce, de Turquie, de Mongolie, du Népal, de Chine et surtout de l’Inde, qui ont enrichi une expression traditionnelle originale et vivace.
Les instruments de musique:
Les instruments à vent:


- La conque (tib. doungkar) : au son lancinant. Elle symbolise la propagation au loin de l’enseignement du Bouddha.
- Les trompes courtes, ou cors (tib. kangling) : d’origine archaïque, elles étaient façonnées dans des fémurs humains (les ossements symbolisent la mort de l’ego).


- Les trompes longues (tib. doungtchèn):
Composées de tuyaux télescopiques en cuivre ou en argent, et souvent décorées avec de l’or, elles peuvent dépasser une longueur de 4 mètres. Elles émettent trois sons: grave, médium, aigu. Les joueurs de trompe émettent les sons tout d’abord doucement, puis plus fortement, avant de les laisser décroître. Elles se jouent par paires, pour assurer la continuité du son, les deux exécutants reprenant leur souffle en alternance.
- Les hautbois (tib. gyaling) : produisent des sonorités claires et stridentes, à l’inverse de celles des trompes. Elles se jouent aussi par paires. Les joueurs de hautbois doivent maîtriser le souffle continu, leur permettant de jouer tout en reprenant leur souffle, et ce pendant plusieurs minutes. Le hautbois n’a été introduit au Tibet qu’au XVIIe siècle.
- La flûte traversière (tib. treling)

Les instruments à percussion:
- Le gong(tib. kharnga)
- Les tambours (tib. nga):
- Les grands tambours (tib. ngatchèn), suspendus et pouvant mesurer un mètre de diamètre.
- Les tambours à manche (tib. lak-ngga)
- Les petits tambours suspendus (tib. gönnga)
- Le damaru: en forme de sablier muni de boules fouettantes, constitué de deux calottes crâniennes ou de bois.
- Les grandes cymbales (tib. rölmo) (avec un renflement important en leur centre) : utilisées horizontalement. Leur son est plus sourd que celui des autres cymbales.

- Les petites cymbales (plates) (tib. silnyen), tenues en position verticale, au son plus clair.
- Les petites cymbales (tib. tingshag) : au son aigu et cristallin
L’usage des cymbales est strictement codifié.

- La clochette (tib. drilbu*)
- La clochette-cymbale (tib. gshang)
La musique des rituels tibétains est parfois déroutante : l’entrée des instruments répond pourtant à un ordre précis : les cymbales dirigent, suivies par les tambours. Puis les trompes et les cors s’alignent sur leur rythme, et les cloches ponctuent le tout. Par contre, les hautbois et la conque suivent une ligne plus indépendante.
La musique rituelle est offerte aux divinités, et illustre donc les séquences d’offrandes, la fin des louanges, ou la joie des souhaits auspicieux lors des cérémonies.

En savoir plus sur le Bouddhisme

Sur la musique Tibétaine

Sur les instruments

Actualités sur le Tibet

lundi 24 mars 2008

Encore un tag!



C'est parti de Tilu, si j'ai bien compris, qui a tagué Seb, qui a tagué Ondine, qui m'a taguée.
Il faut recopier le début du texte: "L'optimisme, c'est..." en ajoutant trois nouvelles fins de phrases (inventées ou trouvées).
Recopier les règles.
Désigner 5 volontaires pour prendre la suite et les prévenir sur leur blog.
Alors voici mes propositions:


"L'optimisme est un combat" (Eric-Emmanuel Schmitt). J'l'aime bien, lui.
Par les temps qui courrent, il faut quand même être costaud pour le garder, notre optimisme. Autrefois on entendait des rumeurs et on lisait les journaux. Aujourd'hui, tu signes les pétitions sur Internet et tu papotes avec des gens à l'autre bout de la planète. Du coup tu ne risques pas de louper toutes les horreurs qui se passent, même si de belles choses arrivent, évidemmment. Selon notre nature, cela peut nous faire gravement déprimer.
L'amour de la vie, est-ce que cela s'apprend ou est-ce inné, finalement? La confiance en la nature humaine, en la solidarité, l'envie d'essayer malgré ses échecs, de faire son possible, tout cela se mélange. Avec le courage, la ténacité, la foi...
Mon optimisme à moi est en dents de scie. Il est planqué profondément à l'intérieur de moi et parfois me fait prendre des fous rires dans des situations tragiques.

"L'optimisme est un devoir" (Karl Popper). C'est surtout vrai quand l'on a quelqu'un à sa charge, qui dépend de notre ténacité. Même en n'ayant qu'à prendre soin de mes 5 chats pendant 18 ans, cela m'a tenu "droite" dans les pires moments de ma vie. Pour eux, pour qu'ils ne manquent de rien, et je me dis parfois que cela aurait été pareil si j'avais eu des enfants. Et dans les grands combats planétaires (enfin pour ceux qui s'en préoccupent et sont actifs) cela représente la seule issue vers une victoire. Mes plus grands combats en ce moment concernent la Chine, vers laquelle tous les regards se tournent, que ce soit dans leur façon de traiter les humains ou les animaux. Il faut essayer d'engager un dialogue, de convaincre, en ayant confiance en leur désir de s'ouvrir au monde, de changer ces pratiques rebutantes. Mais il y a des jours où l'on a l'impression que tout s'écroule.

"L'optimiste rit pour oublier; le pessimiste oublie de rire". Cela me fait penser à Desproges avec sa phrase célèbre: "Le cancer, je suis contre".
Cette phrase rejoint ce que j'ai dit pour la première. L'autre jour nous avons manifesté pour le Tibet, nous portions nos lourdes pancartes "Amnesty". Nous avons passé notre temps à nous les prendre sur la figure, car le vent glacial balayait violemment le Trocadéro, on aurait dit qu'on se trouvait au haut d'une montagne enneigée. Et nous avons rigolé tout le long. "ben oui, c'est pour le Tibet, on se met dans l'ambiance"... Mon coeur est triste pour tous ces moines et nonnes qui sont en train de mourir. Puis il est gai quand on me dit qu'il y a eu un million de signatures pour la pétition. Il faut accepter les défaites mais ne pas se décourager.

Cette fois je ne tague personne, sauf Hypnos, car les copines qui restent ne le feront pas...snif. Pas grave, je vais aller lire ceux des autres.

mardi 19 février 2008

MILES DAVIS: sommaire



-Le Cool Jazz et le West Coast Jazz

-Miles Davis

-Les grandes étapes de la carrière de Miles davis (videos diverses)

LE COOL JAZZ OU WEST COAST JAZZ

Je suis en train d'écouter cet album de Miles davis: "Birth of the cool" mais j'écoute aussi celui de Gerry Mulligan (1992) "The rebirth of the cool" qui est un remake qui malheureusement n'a pas pu réunir tous les musiciens, du fait de la mort de Miles Davis en 91. Il fut donc remplacé par Wallace Roney.

Le Cool Jazz n'est pas à proprement parler un "style", c'est en fait un courant de jazz datant des années 50 (bien qu'on en trouve déjà des prémisces dans les années 20 et 30 chez des musiciens tels que Lester Young et Bix beiderbecke). A cette époque, le Be Bop est le style pratiqué par la plupart des musiciens de Jazz.
Le Cool Jazz se caractérise en fait par une interprétation plus détendue, un son plus doux et sensuel, un phrasé peu accentué et très peu de vibrato. Les lignes mélodiques sont plus lentes, et harmonieuses, les arrangements très raffinés. C'est aussi un Jazz "de chambre". Les formations n'excèdent pas une dizaine de musiciens. Lester Young est l'idole des musiciens de Cool. Le répertoire est varié, il peut emprunter au swing de Count basie, aussi bien qu'aux pièces de Davis ou au néoclassicisme des orchestres blancs.
Il a été dit que ce mouvement reflétait l'ambiance d'après guerre, plutôt pessimiste, intellectuelle et ne sortant pas trop d'une certaine réserve sur le plan émotionnel. Il rencontrera le succès bien plus tard.

L'initiateur du mouvement est Miles davis, trompettiste (1926-1991). En 1948, il recrute des musiciens (Gerry Mulligan, John Lewis, Lee Konitz, mais aussi Gil Evans). Tous participeront à l'élaboration de "Birth of the Cool", Gil Evans étant l'arrangeur. Cet album va rester l'emblème du mouvement Cool, mis à part les enregistrements du quartet et du tentet de Mulligan.

En marge de cette école, il faut citer le pianiste Lennie Tristano qui, avec Lee Konitz et Warne Marsh va définir une esthétique Cool plus ascétique, qui se concentrera encore plus sur les lignes mélodiques des morceaux.

Mais le Cool Jazz c'est aussi le célèbre quintet de dave Brubeck et Paul Desmond.

Les représentants du Cool Jazz les plus connus sont donc: Miles Davis, Chet Baker, Gerry Mulligan, Lennie Tristano, Lee Konitz, Dave Brubeck et Stan Getz.


Le CoolJazz est souvent associé au mouvement "West Coast Jazz" joué en californie par des musiciens blancs travaillant dans les studios hollywoodiens. Parmi eux, Shorty Rogers, Chet Baker (trompettistes), et Shelty Mann (batteur).
En 1951, l'album de Rogers, "Modern Sounds" et les enregistrements de Gerry Mulligan avec son quartet sans piano avec Chet baker (1952) sont les plus représentatifs du genre.

Leurs influences: le Be Bop pour sa virtuosité et ses innovations), Lester Young (et son jeu détendu, Lennie Tristano (son expérience pré-free), le Swing de Count Basie, et les compositeurs du XXe siècle tels que Ravel et Debussy.
Ils savent lire les partitions et ont une solide formation musicale (contrepoint, harmonie, musicalité de l'interprétation). Les arrangements sont écrits et soignés, la musique écrite et l'improvisation sont intimement liées. D'autre part les formations incluent des instruments de l'orchestre symphonique tels que le Cor, le Tuba, ou le Hautbois. C'est un peu une fusion du jazz et du Classique.

L'album "Birth of the Cool" , en deux sessions fut enregistré en 1949 et 1950. La formation: un nonette (9 musiciens, dont Miles davis, Gerry Mulligan, Bill Barber, John Lewis, Lee Konitz et Kenny Clarke). Les arrangements sont de Gil Evans. L'album fut un échec commercial, bien qu'il ait inspiré des générations de musiciens par la suite, y compris le style "acidjazz" des groupes comme Portishead ou Massive Attack, mais aussi Björk ou Jamiroquai.
Cet album marque un tournant essentiel dans l'histoire du Jazz. Miles davis, lors de son voyage en Europe à Paris a découvert l'existentialisme, il en résulte une méfiance et une remise en question de l'expression jusque là plutôt extravertie des sentiments. Miles davis va rechercher un nouveau son. Il voudrait réconcilier le raffinement du Big Band et la tranparence des petites formations. L'orchestration sera donc légère (trombone, tuba, cors, saxophones). Cela donnera naissance à une musique calme, cristalline mais non privée d'énergie, simplement elle est plus abstraite, plus intellectuelle, plus "froide". Les solos mettent en valeur le son global de la formation plutôt que l'interprète soliste. La notion de temps (carrures, tempo) aussi est changée. Cela se voit particulièrement sur 2 compositions: "Jeru" et "Godchild". La carrure habituelle de 4 temps du jazz disparaît, le nombre impair de temps ou de mesures introduit une asymétrie dans la forme, il y a donc une fusion de l'arrangement et de l'improvisation, comme je l'ai dit. Jusque là on n'avait pas trop touché au cadre des morceaux, sauf peut-être Ellington qui associait ses standards à de grandes formes classiques comme le concerto, la symphonie, etc).

"Jeru" - Birth of the Cool


Lennie tristano berlin 1965