
-Le Cool Jazz et le West Coast Jazz
-Les grandes étapes de la carrière de Miles davis (videos diverses)
ici on aime toutes les musiques: essayons d'apprendre à les écouter de façon objective...lire, écouter, voir, comprendre, analyser...ne viendront que les curieux qui ont apprécié mes cours et liens sur le blog: http://madamemusique.canalblog.com et qui voudraient en savoir un peu plus. c'est une sacrée qualité. si. suivez le guide et n'hésitez pas à poser vos questions. je fais comme vous, je ne sais pas tout, mais je me renseigne ici et là.
Je suis en train d'écouter cet album de Miles davis: "Birth of the cool" mais j'écoute aussi celui de Gerry Mulligan (1992) "The rebirth of the cool" qui est un remake qui malheureusement n'a pas pu réunir tous les musiciens, du fait de la mort de Miles Davis en 91. Il fut donc remplacé par Wallace Roney.
L'initiateur du mouvement est Miles davis, trompettiste (1926-1991). En 1948, il recrute des musiciens (Gerry Mulligan, John Lewis, Lee Konitz, mais aussi Gil Evans). Tous participeront à l'élaboration de "Birth of the Cool", Gil Evans étant l'arrangeur. Cet album va rester l'emblème du mouvement Cool, mis à part les enregistrements du quartet et du tentet de Mulligan.
Le CoolJazz est souvent associé au mouvement "West Coast Jazz" joué en californie par des musiciens blancs travaillant dans les studios hollywoodiens. Parmi eux, Shorty Rogers, Chet Baker (trompettistes), et Shelty Mann (batteur).
Si l’on devait définir Miles Davis en quelques phrases, il faudrait retenir ceci :
Il fonda un quintette permanent qui comprenait John Coltrane, Red Garland, "Philly Joe" Jones et Paul Chambers. Miles avait le don d’entendre la musique dans sa tête et de faire jouer ensemble un groupe de musiciens incroyables dont les styles contrastés pouvaient atteindre en se rencontrant le résultat final qu’il recherchait. Il ajouta plus tard un 6e membre, Cannonball Adderley et remplaça Jones et Garland par Jimmy Cobb et Bill Evans.
Pendant 5 ans ce groupe poussa les limites de la liberté et produit un Jazz original et fougueux.Les années 30 sont cependant celles du Krach de Wall Street (en 1929), et la crise économique qui durera jusqu'en 1934. Beaucoup de musiciens sont au chômage, les maisons de disques font faillite. Seuls certains musiciens seront épargnés (Duke Ellington, par exemple, continue à jouer au Cotton Club). Le Jazz représente un échappatoire pour les Américains, qui ont besoin de s'étourdir et d'oublier leur inquiétudes.
Des musiciens se retrouvent à Kansas City, ville industrielle qui échappe à la crise, où naît le style "Kansas City". Le quartier réservé, protégé par les hommes politiques accueille les musiciens et permet au Jazz de continuer à prospérer. Cependant, à l'entrée en guerre des Etats-Unis, cet élan sera stoppé, puis ce courant sera remplacé par le Be Bop.L'ère du Swing se caractérise par l'apparition de grands orchestres (les Big Bands): ceux de Duke Ellington, Count Basie ou Benny Goodman sont les plus célèbres. Un Big Band se compose de 15 à 20 musiciens, divisés en sections.
Section rythmique (piano, guitare, contrebasse, batterie) et section mélodique (Cuivres et bois: trompette, trombone, saxophone, clarinette).
L'orchestration se fait plus complexe, les rythmiques et les mélodies s'affinent. Les arrangements sont écrits par un compositeur, et l'improvisation est très structurée. Il y a la partition "conducteur" et les parties séparées. Toutefois des modifications peuvent y être apportées lors des répétitions. Il existe aussi un type d'arrangement ("head" ou "stock" arrangement) sans partition avec juste des indications verbales et chantées que les instrumentistes mémorisent. Une des clés de l'arrangement est le "voicing" (quels instruments l'on choisit pour telle partie et comment ils seront utilisés en fonction de l'effet polyphonique recherché).
Les improvisations s'affranchissent progressivement de la mélodie (Thème) de base du morceau, elles ne sont plus des variations ou paraphrases, mais de vraies inventions qui tiennent compte surtout des accords du piano ou de la guitare, et des notes principales de ces accords (émises par la contrebasse).
Au point de vue rythmique, tous les temps (les 4),sont marqués individuellement, les temps faibles (2 et 4) étant accentués. L'écoute attentive de la contrebasse suffit pour comprendre que tous les temps sont joués distinctement et aussi se rendre compte du principe "Four Beats" (4 temps). Si l'on écoute bien la Batterie, on constate facilement que les 2e et 4e temps sont mis en valeur par la caisse claire. La cymbale "Ride" (douce) marque l'alternance longue-courte (avec des exceptions).
Louis Armstrong & Dizzy Gillespie -
"Umbrella man"
Ces Big Bands favorisent l'apparition de grands solistes, parmi lesquels Art Tatum, Benny Goodman, Billie Holiday, Charlie Christian, Coleman Hawkins, Ella Fitzgerald,Lester Young, Lionel Hampton, et beaucoup d'autres. L'importance donnée au soliste augmente, les "Chorus" en solo deviennent le centre du morceau, soutenus par l'orchestre.
Ainsi on retient la sonorité richement timbrée et très expressive de Coleman Hawkins, donnant un Swing nerveux, des improvisations plutôt lyriques, un discours abondant. Mais de Lester Young une sonorité dense mais peu vibrante, donnant un Swing nonchalant, des improvisations contrastées, avec une certaine réserve dans le jeu. Mais la vague du Swing est d'abord représentée par Benny Goodman: musique au tempo enlevé, pulsation régulière.
Pianiste, compositeur et chef d'orchestre. Il étudie d'abord l'Art puis se consacre à la musique. Il fait ses débuts à New York, sous l'influence de King Oliver, au Cotton Club de Harlem. En 1923, il joue dans les "Washingtonians" dont il prend la direction l'année suivante. Ils se produisent à New York jusqu'en 1931. Ensuite, ils feront des tournées internationales.
Le génie du "Duke" s'exprime pleinement dans ses combinaisons harmoniques reliant tous les musiciens, ou dans les déliés mélodiques qui font intervenir chaque instrumentiste...
Richesse des textures musicales, variété des inspirations, juste exploitation des solistes, ouverture musicale innée: il est l'un des monstres sacrés du Jazz, a écrit environ 1000 compositions, tout en dirigeant son orchestre, avec de véritables concertos pour ses musiciens.
De ce génie naissent des classiques d'entre les classiques, comme "Sophisticated Lady", ou "Mood Indigo".
Il a pratiqué quatre styles majeurs: le "Jungle style", le "Mood style", le "Concerto style", et le "standard style".
Il a eu deux orchestres célèbres: dans les années 20, avec Bubber Miley (trompette), Joe Tricky Sam Nanton (trombone), et Hary Carney (saxo). Puis dans les années 40, avec Jimmy Blanton (contrebasse), Ven Webster (Saxo Ténor), avec le fameux "Take the "A" train".
Duke Ellington-Hot Chocolate
avec une démonstration impressionnante de lindy hop
FATS WALLER (1904-1943)
Pianiste, organiste, et chef d'orchestre. Né à Harlem (NYork), il apprend le piano à l'âge de 6 ans, et en 1918, gagne un concours. En 1922, il gagne sa vie en jouant dans les cinémas, accompagnant les vaudeville. En 1927, il compose avec James P.Johnson, pour son spectacle "Keep Shufflin", puis, en 1929, il écrit la musique de la revue "Hot Chocolate". En 1934, il signe avec la société Vidor lors d'une soirée donnée par George Gershwin. Pendant les années 30, il est un Star de la Radio, et fait plusieurs tournées en Europe.
Entertainer dans l'âme, il a composé "Honeysuckle Rose", "Ain't misbehavin'". Il a influencé de nombreux artistes, parmi lesquels Thelonious Monk, Bud Powell ou Art Tatum, ainsi que Count Basie. Dans son jeu, les cascades de notes de la main droite s'équilibrent merveilleusement avec les plaques rythmiques de sa main gauche, dans un style enjoué et brillant. Un déluge de sons, mais toujours avec intelligibilité.
COUNT BASIE (1904-1984)
Pianiste, organiste et chef d'orchestre. Il apprend son métier en accompagnant les films muets et les vaudeville, sous la férule de Fats Waller puis avec les pianistes de style "stride" à New York. En 1929, il fera partie de divers groupes à Kansas City puis de l'orchestre de Benny Moten, qui se veut une alternative au son "Nouvelle Orleans". A la mort de ce dernier il forme un groupe et se produit au Reno Club (avec Buster Smith, Jack Washington, Lester young, Hershell Evans, et Jimmy Rushing). Grâce à John Hammond (découvreur de talents) il tourne à Chicago et New York. C'est la grande époque du Swing, son orchestre est alors aussi célèbre que celui du "Duke" ou de Benny Goodman.
(1909-1956)
Pratiquement aveugle, il étudie le piano dans un institut. En 1932, il accompagne la chanteuse Adelaïde Hall à New York, puis se produit en concert à Chicago, Londres, et New York. En 1943 il crée un Trio avec Everett Barksdale et Slam Stewart, puis il se produira surtout en Soliste et enregistrera avec Benny Carter, Lionel Hampton, et Roy Elridge. Malheureusement il meurt prématurément d'un diabète.
CHARLIE CHRISTIAN (1916-1942)
Guitariste. Né au Texas dans une famille de musiciens, il s'initie très jeune à la trompette, au piano, à la contrebasse, avant de choisir la guitare puis joue dans diverses formations. En 1937 il étudie avec Eddie Durham, inventeur de la guitare amplifiée.
"solo flight" (Charlie Christian)
Découvert par John Hammond, celui-ci le fait venir à Los Angeles. En 1939, il entre dans l'orchestre de Benny Goodman, dont il fera partie jsuqu'à sa mort. En 1941, il participe également aux Jam Sessions du Minton's Playhouse à New York, avec Kenny Clarke, Th. Monk, Charlie Parker, et Dizzy Gillespie. Atteint de tuberculose, il meurt prématurément à l'âge de 25 ans.LIONEL HAMPTON (1909-?)
Vibraphoniste et batteur. Il débute à la batterie avec le groupe "Chicago Defender Newboys", joue dans divers groupes, puis rejoint les "Hite" qui accompagnent Armstrong. Celui-ci, impressionné par ses performances l'invite à une séance d'enregistrement et lui demande de jouer du Vibraphone. Il sera donc le premier à enregistrer avec cet instrument ("Memories of you"). Il quitte ensuite les "Hite" et forme son propre orchestre qui joue au Paradise Café à Los Angeles. En 1936 il commence à enregistrer avec Benny Goodman, Teddy Wilson et Gene Krupa ("Benny Goodman Quartett") et reste dans ce groupe jusqu'au début des années 40. Puis il forme son Big Band avec Dexter Gordon, Illinois Jacquet, Quincy Jones, Wes Montgomery, Clark Terry, Joe Newman, Fats Navarro, et Charlie Mingus...avec les chanteuses Dinah Washington et Aretha Franklin. Cet orchestre est alors célèbre dans le monde entier.
Benny Goodman Quintet Live avec Lionel Hampton et Gene Krupa
Il s'intéresse aussi à la politique et au social, crée la fondation Lionel Hampton Development Corporation destinée à la construction d'immeubles à Harlem pour améliorer les conditions de logement des familles défavorisées. Il est le premier vibraphoniste de l'Histoire du Jazz. C'est un génie de l'orchestration, il a le don de "faire monter la sauce" sonore de son orchestre, en lui insufflant les fameux crescendos dont il a le secret. L'un des géants du jazz depuis les années 30. L'un de ses titres les plus connus est: "Shufflin' at the Hollywood".
COLEMAN HAWKINS (1901-1969) saxo Ténor (mais aussi pianiste et celliste, études musicales classiques). Il est engagé en 1922 par Mama Smith, puis joue avec Wilbur Sweatman, fait ses premiers enregistrements avec Fletcher Henderson et son orchestre jusqu'en 1934, où il rencontre Armstrong. Entre 1934 et 1939, en Europe, il joue et enregistre avec des musiciens Européens. (Django Reinhardt, Stéphane Grappelli). Au début de la 2ème Guerre Mondiale, il rentre aux Etats-Unis où il crée en 44 un Quartette avec Thelonious Monk et enregistre avec Dizzy Gillespie. En 46, il enregistre avec JJ.Johnson et Fats Navarro puis dans les années 50, il dirige un Quintette avec Roy Elridge, fait une tournée avec l'orchestre d'Illinois Jacquet. Enfin en 62 il enregistre avec Duke Ellington. Il participera à divers albums avec Sonny Rollins, Th.Monk, Max Roach, Eric Dolphy, et John Coltrane, jusqu'à la fin de sa vie. "On the sunny side of the street"
LESTER YOUNG (1909-1959) saxophoniste, issu de la Nouvelle Orleans, il joue d'abord de la batterie puis se met au Saxophone. A partir de 1922, il jouera d'abord l'Alto puis le Baryton, se joignant à l'orchestre d'Art Bronson. 4 ans après il entre dans l'orchestre de Count Basie, se lie d'amitié avec Billie Holiday et Teddy Wilson, avec qui il enregistre. Il quitte l'orchestre de Basie entre 1940 et 1944 pour jouer avec Fletcher Henderson. A son retour du front, il sera managé par Norman Granz et tournera avec le "Jazz at the Philarmonic". Sa première tournée européenne a lieu en 1952, et il retournera régulièrement en Europe. Il est le Père du Jazz des années 50, un des inspirateurs du style Cool.